-"Jeudiiiiiii c'est l'anniversaire de quiiiiiii ?"

Numéro 1 :"De Maël??"

-"De moi !!!"
-"Ah oui, tu vas changer d'âge ? C'est bizarre".

Oui je trouve aussi.

J'ai 30 ans.

L'écrire est une chose mais vous le dire... de vive voix, sonne un peu faux. Comme si je vous mentais. Comme si je parlais de quelqu'un d'autre. Tu sais, de quelqu'un de super sérieux, étriqué dans un tailleur noir en train de gérer une entreprise internationale. Parce que c'est comme ça que je me représentais les "grands" quand moi j'étais petite. Peut-être que je voulais devenir comme ça. Je pensais que réussir sa vie c'était au moins avoir des dossiers importants sous le bras. Mais je ne suis pas devenue cette image. Pourtant parfois j'aimerais lui ressembler un peu, m'y rapprocher. Comme un doudou qui nous sécurise.

Je suis restée la petite fille un peu timide mais qui aime pourtant être dans la lumière et qui la recherche souvent. La même qui se trimballe en basket avec un serre-tête doré sur la tête et qui reprend deux parts de gâteau quand ça ne va pas.  Je suis restée cette môme qui s'évadait dans l'imaginaire et les mots. Je suis restée celle qui avait un peu peur du monde mais qui l'aimait bien quand même.

Et puis j'ai changé aussi. J'ai ouvert des portes à mon esprit fermé et tellement carré. Les couleurs de la vie m'ont parue nettement plus belles alors. J'ai appris que les erreurs n'étaient pas que des échecs mais de nouvelles façons de se relever et d'apprendre. Si jeune et pourtant si vieille. Comme quoi.

Je suis cette femme qui danse sous la pluie après une journée trop chaude. Celle qui remet tout au lendemain et qui se promet pourtant chaque jour de ne plus le faire. Un peu bordélique aussi et qui s'en fout d'avoir les chaussettes déparaillées. J'ai appris à me moquer de moi-même. Et des autres. De leur regard surtout. 

J'ai 30 ans. C'est con de vous dire que le temps passe vite même si c'est vrai.

Un jour tu fêtes la fin d'une rétho époustouflante et le lendemain t'as déjà 21 ans et tu te demandes comment tu vas annoncer à ta mère que tu portes la vie. Comme si une éternité était passée depuis. Un autre monde. Celui où j'étais une étudiante ordinaire découvrant que son petit monde allait changer à jamais. Mais qui ne savait pas encore à quel point.

Pourtant j'avais répéter à mes copines que  JAMAIS je ne tomberais dans le cliché bidon du mariage et des gosses. Et puis j'en ai fait 3 presque d'un coup. J'ai dit presque. Mon utérus n'est pas bionique non plus. Et tu découvres alors tout le sens du mot aimer. Comme si tu n'avais jamais aimé avant ou alors pas vraiment. Tu apprends à vivre avec une faiblesse de taille. Tu apprends à devenir mère. 

Avant tu pensais que tu avais le temps pour tout faire. Aujourd'hui tu ne sais plus par où commencer mais tu as peur de perdre chaque minute que tu pourrais consacrer à tes projets et à les construires. Tu es toujours jeune mais tu vois le temps qui file et qui court de plus en plus vite. Comme pour te rappeler que la vie est précieuse mais qu'elle peut t'échapper à tout moment. 

 

À 30 ans, on se dit que c'est le début de quelque chose de nouveau. Comme un second départ. Un tableau noir qui ne demande qu'à être rempli à nouveau. 

 

À 30 ans, on rêve encore. 

Et puis à 30 ans, on s'aime plus et tellement mieux qu'avant. J'ai peut-être moins de string léopard dans mes tiroirs mais qu'est-ce que je me sens mieux dans mon corps et dans ma tête maintenant. J'assume enfin qui je suis. 

Mais finalement, le plus bel âge... n'est-il pas celui que l'on vit ?

Mon plus bel âge... il est dans ma tête et dans mon coeur, dans l'air que je respire, dans les bras de mes enfants, dans le regard de mon homme, dans les apéros avec les amis, dans mes rêves les plus fous, dans les fous rires avec ma soeur, dans les défis que l'on se donne, dans les balades, dans les souvenirs aussi, dans la famille et dans les rencontres... il est partout. Il est là où vous voulez qu'il soit. Il est quand je danse toute la nuit,  il est une odeur que l'on n'oublie pas. Il est un souffle que l'on retient ou qu'on explose. Il est dans le sourire de l'autre, dans le merci et dans l'amour tout simplement.

PS : Puis de toute façon, je déteste toujours les bonbons noirs ! NA !!