Pendant l'été, j'ai envoyé quelques mails à la recherche d'une Unité Scout pour mes deux grands garçons. J'étais convaincue que ça ne pouvait que leur être bénéfique. Surtout pour mon fils aîné. Mon timide, mon angoissé, mon sensible... 
Je voulais leur offrir une chance de ne pas être comme moi. Un peu couillonne sur les bords. Peureuse au milieu.
Les Unités étaient complètes. C'était mort.
Alors, j'ai rangé ce projet dans un coin de ma tête. Un peu déçue. Beaucoup.

Jusqu'à ce que je reçoive un mail de confirmation pour l'inscription de mes deux enfants. L'un chez les Baladins et l'autre chez les Louveteaux, à 5km de chez nous 🎉🎊

Fiesta boum boum! Jusqu'à ce que je me rappelle d'un détail de presque 8 ans! Nathan!!
J'ai donc surfé entre hésitation, résignation, déni, motivation et angoisses jusqu'à ce matin. Jour de la rentrée. Même Papa Ours n'était pas encore au courant du programme.

Parce que moi-même je n'étais pas encore prête. J'avais déjà une boule au ventre. La gorge nouée, un stress qui grignote les viscères et l'âme. Je n'avais pas vraiment envie d'avoir mal au coeur ni d'affronter la tempête violente qui se préparait tout doucement. Mais parfois peut-être qu'il le faut quand même. 

Alors nous y sommes allés. Tous les 5. Harcelés par des «Maman, tu vas rester avec nous tout le temps hein????????». J'ai arrêté de compter après la centaine. J'ai arrêté de penser que tout irait bien quand il s'est caché derrière un arbre au moment de rejoindre sa section. 

Nous avons dû partir comme des voleurs avec le sentiment d'abandonner notre fils aîné terrorisé et en crise, retenu par deux chefs d'unités. 

Kinder Surprise m'a regardé avec toute son innocence et m'a demandé :«keski ya maman? T'as avalé travers?»

J'ai essuyé mes larmes mais cette image douloureuse ne disparaissait pas aussi facilement d'un revers de manche. J'ai donc essayé de me convaincre que j'avais eu raison. 

Le premier contact. Le pire. Le plus difficile. 

17h30. Je le cherche activement dans la foule. Un besoin de le retrouver. De le serrer contre moi. De lui dire qu'il a été courageux et que nous sommes fiers de lui. 

Le premier contact. Le pire. Le plus difficile.

Heureusement... il y a toujours le calme après la tempête. Et après les cris et les larmes, c'est un enfant souriant et apaisé que j'ai retrouvé. Un petit homme qui m'a soufflé à l'oreille, qu'il y retournerait samedi prochain...