Il est 16h. J'ai récupéré tous mes petits monstres. Nous sommes dans la voiture familiale. Et j'ai décidé que j'allais arrêter de gueuler tout le temps. Contre mes gosses si tu vois ce que je veux dire. Si tu ne vois pas... laisse moi tranquille ! Ne rajoute pas tes graines de quinoa et tes cours d'équitation là dessus ! 

J'ai souvent tendance à être une grosse maraîchère plutôt qu'une maman gâteau. Enfin si je suis bienveillante mais je hurle. Et ça, je n'ai plus envie. En tout cas pas si systématiquement. Je ne veux pas être cette maman. Je veux pouvoir éduquer mes enfants sans devoir leur crier dessus. Pas possible ? Oui je sais ça paraît fou !

Quand j'ai vu mon cadet se boucher les oreilles avec ce regard triste et Kinder Surprise sangloter en me disant "maman mal O zoreilles"... je me suis dit que ce n''était plus possible. Comme si je n'étais plus moi-même. Une vieille folle qui ne maîtrise plus ses émotions. Et puis entre nous, je vous assure que ça ne sert à rien de gueuler comme ça tout le temps. Oui ils me poussent parfois à bout, oui j'en ai souvent marre de répéter la même chose, de les voir se disputer comme des animaux sur la même proie. Pour pleins de raisons, je crie. Je m'emporte. Je réagis mal et de façon disproportionnée. 

Alors je leur ai expliqué pendant le trajet en voiture, que  maman n'allait plus crier. Mais que eux non plus ne devait plus le faire quand il y avait un soucis. On devait en parler tout de suite. Calmement. Parce que maman n'aimait pas crier sur ses enfants. Et vous les enfants, vous aimez crier ? Non évidemment. Personne n'aime ça.

Puis je me suis dit que ce n'était pas suffisant. Parce que le roi de la gueulande n'était pas là. Oui je parle de Papa Ours. Appellons un chat un chat. Ici c'est un Ours. Soit.
il fallait qu'on se mette tous à table et qu'on fasse le pacte ensemble de ne plus être des vendeurs de légumes. Mais des parents et des enfants qui communiquent. Bon, nous ne sommes pas dans un conte de fée, il a y aura donc des craquages et tout ne sera pas aussi facile qu'en théorie mais nous allons essayer.

J'ai commencé tout de suite. Pas comme quand je décide de faire régime tous les lundis et que finalement après une gaufre au chocolat et 18 crêpes, je décide de reporter mon combat à la semaine suivante. Non cette fois on a démarré la bataille tout de suite.

De toute façon, je savais que j'allais être sur le terrain immédiatement. Mes enfants allaient sûrement me tester sans attendre. 

Kinder Surprise a commencé direct. Il n'aime pas perdre de temps. Alors comme je lui ai interdit de laisser couler l'eau du robinet pour faire une piscine olympique, il a commencé à jeter ses rails de trains par terre. OK. ZEN ! 

-"Tu peux ramasser chéri ? Range les dans ton bac stp"
-"NOOOOON"

Bon d'habitude, je m'énerve. Je reste debout à côté de lui jusqu'à ce qu'il craque. Souvent il le fait après une demi heure mais pendant 30 minutes la tension s'installe. Je le menace, ça ne marche pas, je soupire, je serre les dents... bref on est beau à voir.

Bon cette fois. Rien. Il ne veut pas. Ok, je retourne préparer à manger.

Il revient plus tard vers moi pour me demander une faveur. Là... mes sens sont en éveils. Je vais saisir ma chance.

-"Il faut d'abord que tu ranges ton désordre"

*On est d'accord que ça pue le chantage... mais je ne peux pas régler tout en même temps. Soyons réaliste.*

Et le voilà, en train de s'activer pour ranger tout son petit bordel. Ok c'est fait. Suivant !

Numéro 2 renverse du jus en le faisant exprès. Si c'est possible. Il a pris le berlingot de son petit frère et il l'a pressé sur la table. Je l'ai vu. Je l'ai regardé. Je lui ai demandé gentiment d'aller chercher de l'essuie-tout. Il s'est mis en mode "tu vas voir maman, je vais le faire mais pas comme tu veux. Je vais t'énerver et tu vas craquer c'est obligé".

En effet, il s'est levé avec ses bonbons dans une main et a tenté d'arracher des petits bouts de papier. Il pensait qu'un centimètre allait suffire. Bref, je souffle. Vas-y reste zen ma grosse ! Pas le moment de craquer. Bref, je ne lache pas l'affaire. Mais cette flaque de jus sera essuyée par le coupable et dans le calme.

J'insiste mais il continue à faire n'importe quoi. Il s'énerve. Finalement c'est lui qui gueule et qui pleure alors que moi je reste zen. Je ne comprends même pas pourquoi il se met dans un état pareil alors que j'ai toujours un sel-contrôle digne d'un Ninja. Bref. Il finira par péter un cable en me hurlant que je gueule ! HEIN ?? OUATE DE PHOQUE ! Putain là j'ai envie de hurler pour de vrai. J'ai pas gueulé !!! C'est quoi cette blague. Bref, je l'envoi dans sa chambre se calmer. Je monte plus tard avec ma voix de miel pops. On se parle. Il est calme. Il sourit. Je l'embrasse. La tempête est passée. Je suis fière de moi. D'être restée calme tu vois, et de ne pas l'avoir mis dans le congélo tout de suite !

J'ai continué sur le même principe. Jour après jour. 3 pour être exact. 

Puis j'ai oublié mon objectif. Pas tout le temps mais un petit peu. J'ai crié. J'ai élévé la voix à nouveau. Parce qu'en face de moi, je n'avais plus des enfants qui tendaient l'oreille, mais 3 animaux affamés en quête d'une proie à dévorer. Je voulais pas me faire bouffer tu comprends. Alors j'ai sûrement dit "putain j'en ai ras le bol" ou pire... j'en ai plein les couilles. Je ne sais plus. On s'en fout non ? C'est dit. Je suis redevenue la vendeuse de saucissons. MERDE.

Puis, finalement je suis redescendue sur terre. J'ai pris ma santé mentale entre les mains, je l'ai regardé et je lui ai dit "ma pauvre, on te fait souffrir, on te teste, on te flagelle... mais promis j'arrête de te mettre la pression. Si je gueule t'inquiète tout ira bien. On fait ce qu'on peut. On va arrêter de se prendre la tête. Je te lache la grappe. Retrouve tes esprits. T'es une bonne mère ! Oui putain t'es une bonne mère ! T'es pas parfaite mais tu fais de ton mieux. Et c'est déjà tellement bien ! Ils ont ce qu'il faut. Et de l'amour en overdose ! Oui t'es une bonne mère même si parfois tu gueules. Même si on bouffe des chips à 11H du mat parce que oui en fait c'est toujours le matin. T'es une bonne mère même s'ils ne sont pas bilingues à 7 ans et qu'ils ne font pas du tennis le samedi matin. FUCK ! Ils sont heureux non ? Ils sont câlinés, consolés, aimés, appréciés pour ce qu'ils sont... ils ne manquent de rien. Alors arrête de croire que tu n'es pas assez bien, pas assez forte, pas assez parfaite, pas assez organisée, pas comme les autres mamans... ! T'es plutôt top ! Même carrément géniale !

Vous l'êtes toutes ! Des héroïnes qui ont donné la vie et qui tentent coûte que coûte, de la rendre merveilleuse un peu plus chaque jour.