Dur dur d'être maman...

J'aurais dû commencer la journée par un café chaud et le sourire de voir mes trois petits monstres partir au stage. Le café était chaud mais mon sourire s'est vite retrouvé noyé. 

Il ne voulait pas y aller. Il la répété depuis hier mais comme ce n'était pas un endroit inconnu et qu'il y avait déjà passé une semaine merveilleuse à préparer des pâtisseries, je me disais que tout allait bien se passer. Que c'était juste sa façon de me faire comprendre qu'il préférait glander devant le pc. Et puis il était avec ses frères quand même.

MOUAIS... 

Apparemment pour lui, c'était comme une nouvelle première fois. Et comme à chaque première fois, ça l'angoisse. Mais pas angoissé gentil qui fait du boudin dans les jupes de sa mère et qui finit quand même par mettre ses sandales en soufflant. Mais plutôt Hulk en manque de Whisky. 
Le voilà donc parti se cacher dans sa chambre refusant catégoriquement d'y aller. Qu'il restera là, pieds nus. Que ce n'est pas moi le chef. Ah bon. 

Je ne veux pas céder. Ce ne serait pas un service à lui rendre, je le sais. Pourtant ce serait plus facile d'abandonner un combat si violent à 8h du mat. Ses frères ne comprennent pas ce qu'il se passe. Je vois dans le regard de Numéro 2 un peu de panique face à cette situation étrange qui prend des proportions hors nomes.

Il ne peut qu'assister à la scène grotesque qui se présente à lui. Sa mère pieds nus en train de mettre son grand frère de force dans la voiture et de l'empêcher d'en sortir. Pathétique n'est-ce pas.
Je n'aime pas ça. J'ai l'impression de le torturer et de l'envoyer au bagne. 
Je me demande pourquoi ça doit être si compliqué. Si j'ai merdé quelque part. Si je dois faire quelque chose pour lui. Si c'est normal. Si ça va passer. Si c'est grave ou pas ? Si je m'en fais pour rien. Si c'est rien finalement. 

Il va quand même tenter d'en sortir. Il frappera l'intérieur de la bagnole en criant toute son angoisse. Je lui répète que tout va bien se passer, qu'il est avec ses frères mais rien ne le rassure. Je n'ai plus rien de rassurant de toute façon. Je ne sais plus de quelle manière l'aider. Je suis obligée de refermer la portière en lui lançant un dernier "je t'aime, ça va aller..." pendant qu'il me crie en boucle un "JE N'Y VAIS PAS !!!!!!".

La voiture s'en va. Mon coeur se tord devant une tasse de café qui n'a plus du tout la même saveur tout à coup.

Alors en fin de journée, quand il est rentré. J'ai guetté son sourire. Celui qui me confirmerait que j'avais eu raison. Et je l'ai vu. 

"Je suis resté dehors tout seul... puis j'ai pris ma décision et j'ai été avec les autres. C'était trop bien !"