Parfois il faut faire des choix. Prendre une décision. Parfois ça se passe bien. Parfois ça fait tellement mal au bide, qu'on en chiale. On cogite sans cesse. On dresse une liste mais ça ne marche pas quand même. Pourtant dans la colonne des contre, c'est full. Plus de place même. Mais ça ne change rien.


On pense, on réfléchit. On trouve qu'on est bien comme ça. Enfin je trouve. Je soufflais un peu... enfin. Le petit dernier est rentré à l'école. C'est bon merde, j'ai donné tu trouves pas ? Mais apparement pas encore assez. Mais ça ne tenait qu'à moi que ça s'arrête ce jeudi. Il suffisait de mettre ce médicament dans le fond de mon vagin et revenir plus tard pour en finir. Mais justement... en finir. J'ai de nouveau mal au bide. Pour eux c'est une cellule. Pour moi c'est une vie. C'est toute la différence.

"Faut pas voir ça comme ça."

Ben comment veux-tu que je fasse autrement. Ignorer que c'est vivant ? T'es sérieuse ? 

J'ai mal aux seins. J'ai la gerbe. Je pleure. Tu vois, c'est vivant et ça me parle déjà. Il a déjà fait sa place. C'est comme ça.

 On m'a dit de penser à moi. Je le sais. J'y pense tous les jours. Par facilité, par raison, j'aurais dû franchir cette porte à 11H du mat. Mais au lieu de ça j'ai encore pleuré comme un enfant dans les bras de ma mère. Je ne pouvais pas y aller. Pas maintenant. Alors on a reporté le rendez-vous. J'étais soulagée. Comme si on m'enlevait l'enclume qui me pesait sur l'âme.

Tout le monde pense que je devrais poursuivre ma vie comme ça. Que ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Aller chez le dentiste est un mauvais moment à passer. Se faire épiler la techat est un mauvais moment à passer... avorter c'est tellement plus que ça. Je n'y arrive pas.

Je sais que l'on va me critiquer. Parler derrière mon dos. Dire que je suis folle et que je vais m'épuiser. Peut-être même penser que je ne serai pas une bonne mère pour gérer 4 enfants. On va dire que je gâche ma vie. Peut-être. J'ai peur moi aussi.

J'ai une boule au creu de mon ventre. J'ai la gorge serrée. Une angoisse qui me grignote de l'intérieur. J'ai la trouille de ne pas y arriver. D'être sur les nerfs, d'être juste une mère. De me perdre. J'ai peur de pas donner assez à chacun de mes enfants. J'ai peur, je l'avoue. Peur du regard des autres. Du jugement. Peur de cette 4ème césarienne qui me fera un mal de chien. Peur de tomber et ne pas me relever. J'ai peur d'être épuisée par une 4ème grossesse tout en gérant 3 garçons. 

Je vis entre parenthèse. Dans une bulle de questions qui me font tourner la tête de fatigue. 

Mais je suis enceinte. C'est réel. C'est la vie. C'est comme ça. J'assume !!

 

Laissez-moi juste le temps de m'apaiser... ça va aller :-)

 

 Et puis Papa Ours a été hospitalisé pour ses problèmes cardiaques... encore une fois. Encore des jours à gérer seule la tribu. Mais vraiment seule. Être à bout. Fatiguée. Irritable. Exténue. Crier sur ses enfants. Vouloir tout plaquer et disparaître. Me sentir tellement mauvaise mère. Dépassée. Vidée. J'ai compris. Je ne peux pas assumer une 4ème grossesse. Pour moi, pour mes enfants. Je ne peux pas.