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Manchester...

Le 24 mai 2017, 20:19 dans Maternité 0

Manchester... 

Parfois c'est trop dur. Parfois on voudrait disparaître, loin d'eux pour revenir plus sereine. On voudrait arrêter le temps. Le mettre sur pause pour reprendre son souffle et ses esprits. On voudrait devenir sourd pour ne plus entendre leurs cris et leur "mamaaaaaaan" incessants pour tout et n'importe quoi. Surtout pour n'importe quoi. 

On rêve de calme et de silence ou d'aventures sans planification d'enfants. Sans horloge dans la tête.
On voudrait pouvoir lire un livre dans son jardin sans interruption. Déguster un plat du jour en terrasse en plein milieu de la semaine car il fait beau et qu'il faut en profiter un peu quand on vit en Belgique.

On voudrait des enfants un peu plus grands parfois, juste quelques heures pour savourer un café chaud devant la télé ou d'un cinéma en amoureux un mercredi soir. Quelques minutes pour ne rien faire si l'on en a envie. On voudrait qu'ils grandissent vite pour avoir un peu la paix. On voudrait arrêter de penser aux courses, aux heures qui tournent, aux devoirs et aux activités parascolaires à planifier pour l'année prochaine. 

Et pendant que j'aimerais tout ça à la fois, quand debout dans ma maison, je cours à droite et à gauche pour satisfaire les besoins de mes enfants, d'autres parents ne peuvent plus rêver de tout ça. 
Ils doivent dire adieu à une partie d'eux-mêmes parce que des monstres ont décidés de leur destin. Pendant que je souffle de nervosité ou de fatigue, d'autres ont perdu le leur en une soirée. Des familles détruites à jamais qui ne pourront plus rêver d'un peu de calme dans leur journée. Parce que le calme deviendra leur éternité. Un silence lourd et pesant, inconsolable et inexplicable...

Je sais que c'est maintenant le bonheur. Même s'il est rude au quotidien, même si parfois on se demande si ça ira mieux demain. Même s'il se fout de ma gueule certain jour. c'est maintenant. C'était hier quand je faisais la course avec eux dans le jardin, sous la douce chaleur d'une fin de journée ordinaire. Ce soir quand je pourrai encore embrasser mes enfants et leur dire à quel point je les aime. C'est demain matin quand nous prendrons un petit déjeuner tous ensemble après une bonne nuit de sommeil. C'est tout à l'heure quand ils se blottiront tendrement dans mes bras. 

C'est maintenant. Parce qu'ils sont vivants...

 

T'as de la chance Aurel...

Le 21 avril 2017, 16:54 dans Maternité 0

 

 

Combien de fois n'ais-je pas entendu cette fameuse phrase :"T'AS DE LA CHANCE" à propos de l'homme qui partage ma vie.
Elle me fait l'effet d'un coup de poignard dans la carotide. Comme un sabre qui tailladerait lentement la peau de ma vulve, tu vois le genre un peu? Ben oui ça fait mal bordel. POURQUOI ? Faut vraiment que je l'explique ? Je pense que oui vu qu'on me la ressort chaque fois. Dès qu'un mec se comporte comme un abruti... on me regarde... "ah oui toi il ne fait pas ça Aurel... t'as de la chance". Non mais il pète très fort tu sais!!! Tu veux sentir ? Parce que ça pourrait brûler l'intérieur de tes fosses nasales au 3ème degré. T'es prête ?

Paraît que j'ai de la chance que mon homme ne boive pas. Il ne traîne donc jamais au café. Je pense qu'il s'est senti obligé d'équilibrer l'équation. Vu que sa femme adore picoler du vin blanc quand la pression est trop forte. Le pauvre.

Grande qualité : il ne sort jamais. Je veux dire qu'il ne trémousse pas ses boules sur la piste de danse le vendredi soir... mouais. C'est vrai qu'il aurait du mal à sortir. Faudrait d'abord que je le détache du radiateur et qu'ensuite je lui donne les clés de la cave. Du coup, en attendant qu'il se découvre un besoin de faire la fête, je le fais à sa place. J'y arrive très bien. 

Il arrive à tenir les trois enfants quand t'es pas là ? Attend, il me semble qu'il n'a pas eu de problème lorsqu'il a dû arracher ma culotte pour en faire des bébés. Ce sont ses enfants aussi non ? Je n'ai pas brandit mon utérus flambant neuf devant ses yeux apeurés en le menaçant de me faire des mômes sous peine de lui faire manger mes trompes ovulatrices tous les matins! On est bien d'accord. Donc il assume.

Paraît que j'ai de la chance parce qu'il range tout le temps. Il fait ça bien en plus. Forcément. IL EST MANIAQUE. Du genre  GRAND psychopathe !!! Même le technicien de chez Orange pensait qu'on était un jeune couple sans gosses tellement la maison ne ressemble en rien à celle d'une famille nombreuse. Enfin sauf si tu ouvres mes placards et que tu regardes le mur colorié en bleu et mauve par Kinder Surprise. Sauf si tu viens à l'improviste en fait. 

Non ce n'est pas une chance (pas toujours plutôt). J'ai l'impression d'être sa fille. Un enfant de 4 ans max à qui on doit apprendre à utiliser l'essuie le plus proche de l'évier pour éviter que mes mains humides ne dévastent le carrelage.

Puis il y a une façon de ranger le frigo. Et apparemment, il est le seul à en être capable (oui ça m'arrange j'avoue). Une fois, nous sommes même restés (les gosses et moi) dans le jardin pendant qu'il nettoyait le sol.  Il avait fermé la porte à clé (faudra d'ailleurs que je pense à cacher une bouteille de mousseux dans le poulailler). Bref, trop de chance. Programme de chaque week-end ? Demarrer la journée en nettoyant ! Le petit déj ? PAS LE TEMPS. Puis ça fait des miettes !

Il y a juste un truc que j'ai pas compris. C'est d'avoir de la chance pour des trucs normaux. En fait, mon mec (à de grosses exceptions près) se comporte comme un être humain normal. WOUW. Il ne me frappe pas. WOUW. Il me respecte (sauf quand il me prend pour un gosse qui ne sait pas bouffer correctement) et en plus de ça il n'est pas macho. Ah oui je suis désolée. Je vais tout de suite lui décerner une gomette. Ingrate que je suis.

Mais bizarrement, on ne fécilite jamais le mari pour l'épouse qu'il a réussi à dénicher. Non. 

Parce que finalement m'occuper de trois enfants et de tout ce qui gravite autour,  y compris de l'homme lui même... ce n'est rien. Normal. Voire... mon rôle (putain je dégeule). 

Le prochain qui me dira à quel point j'ai de la chance de partager ma vie avec Papa Ours, aura droit à une très longuuuuuuue liste pour vous démontrer que finalement... il a de la chance AUSSI (si je dis "aussi" c'est donc que j'en ai un peu également... la magie des mots)! OUATE DE PHOQUE ! Mais je comprends. Quand je vois certains choses, je me retourne tendrement vers l'homme... et je me dis que finalement il n'est pas si mal. 

PS : chéri, j'ai quand même de la chance c'est vrai... tu me dis quand la bouffe est prête ? 

Kinder Surprise, 3 ans.

Le 13 avril 2017, 22:42 dans Maternité 0

 

 

 

J'avais les seins douloureux. Un retard de règle. Je n'étais pas idiote. J'ai vite compris ce qui était en train de se passer mais pendant deux ou trois jours, j'ai ignoré les symptômes. Comme pour me préserver et me dire que non finalement il n'y avait rien. Je me faisais des films. TOUT allait bien. Ma vie n'allait pas changer.

Puis j'ai dû me rendre à l'évidence. Mes règles n'arrivant toujours pas, je me suis décidée à acheter un test de grossesse, la peur au ventre. Je ne voulais pas d'autres enfants. J'en avais déjà deux et ça me donnait assez de boulot comme ça. 

Comme je m'y attendais, le résultat ne se fit pas attendre. POSITIF.

Je me souviens parfaitement de ce moment. J'ai pleuré. Tout de suite. J'étais éffondrée. Mon homme m'a prise dans ses bras et m'a dit que c'était génial. Je ne sais pas si j'avais envie de le tuer ou si je devais rire. Mais j'ai continuer à pleurer. Non ce n'était pas génial. 

Pendant trois jours, j'ai pleuré. Je te rassure. Il y a eu des pauses mais quand j'y repensais, je n'avais que les larmes pour parler. J'ai pensé à l'avortement. Mais j'en étais incapable. Je pensais que la vie devait être ainsi. Que ce petit dernier devait être la  pièce du puzzle qui manquait. Que c'était mon destin et que je devais donc assumer.

Puis il y a eu cette première échographie de confirmation. C'est toujours celle là qui me remet les idées en place et qui bizarrement, me rassure. Je porte la vie. Quoi de plus beau ? C'est mon bébé qui pousse à l'intérieur de moi. Je suis apaisée. Je me dis que ça va aller. Je me convains que je vais gérer cette arrivée soudaine d'un nouvel habitant. Après tout, passer de deux à trois... ça ne doit pas être si compliqué.

Mais même si je tente de me rassurer comme ça, j'ai une angoisse qui vient me grignoter l'âme de temps en temps. Et puis je me pose des questions concernant le sexe du bébé. Et si c'était encore un garçon ? Putain j'ai pas envie. D'autres me diront que c'est sa santé qui compte. Je le sais au fond de moi mais sur le moment même, non. Ce n'est pas ça que j'ai envie d'entendre. J'ai envie qu'on me dise que ce sera une petite fille. J'y crois! C'est obligé. On ne peut pas me faire ça quand même. Je sens que ça va être une fille, si si ! 

Les semaines passent. Le rendez-vous chez le gynéco arrive. Je sais que c'est le moment magique que j'attendais. Je suis à  4 mois environ, il va donc pouvoir voir le sexe de mon bébé. Je suis heureuse. Je suis excitée. Impatiente! Je me vois déjà annoncer à la famille, que je vais leur offrir cette petite fille tant espérée. Je vois déjà la vie en rose... ! Mon entourage est plus nerveux que moi... car ils savent à quel point j'espère. Ils me mettent en garde. Mais c'est trop tard.

Sauf que mes espoirs vont se faire déchiqueter en une simple phrase. Je ne m'étais pas préparée à ce qu'il me la dise si vite. Si simplement. Si banalement que... "c'est un garçon". Je reste impassible. Je lui demande s'il est vraiment certain. Si il n'y a pas d'erreur possible. Il me répond que non. Je me rhabille. Je lui dit au revoir. Toujours comme un robot à qui ont a resseré un boulon. 

Je me suis assise dans ma voiture et je me suis mise à pleurer.  Après avoir encaisser cette grossesse imprévue, j'ai dû ensuite faire le deuil de cette petite fille que je n'aurai jamais. Je me suis même demandé à quoi ça allait me servir un 3ème garçon. C'était peut-être cruel mais c'est que ce que j'ai pensé à cet instant. J'ai roulé (en voiture, pas sur moi-même hein) jusqu'à chez moi, la vision brouillée par des torrents de larmes. Je ne pouvais pas m'arrêter. Mon bébé allait bien. Ma grossesse se passait bien et moi j'étais la femme la plus triste du monde. Je ne voulais pas y croire. Tout ça me paraissait vide de sens. Ce n'était pas logique du tout ! Pourquoi me faire ça. 

Mais au final, ce sentiment disparaît. Les premiers mouvements se font ressentir et je redeviens sereine et aimante. Je commence à chercher un prénom pour toi. C'est compliqué. Vraiment. Rien ne me plaît. Tout est trop banal ou commun. Je voudrais marcher au coup de coeur. Comme pour ton grand frère Maël. Alors que pour une petite fille, les idées fusaient... mais à quoi bon. Tu es un garçon... pourtant Elya c'est si doux.

Les mois défilent à une vitesse incroyable. Il faut dire qu'avec tes deux frères, je n'ai pas le temps de m'attarder sur mon nombril. Je n'ai pas le temps de me prendre en photo comme je le faisais pour eux. Aujourd'hui je suis un peu déçue de ne pas avoir de cliché de cette grossesse. Comme si tu étais arrivé un beau matin, déposé par une cygogne. Pourtant je t'ai bien porté pendant 9 mois. 

Une des rares photo de nous deux, c'est la veille de ta venue au monde. Moi, dans ma chambre d'hôpital, le ventre rond, le sourire impatient. Je t'aimais déjà. Mes doutes, mes craintes, mes angoisses n'existaient plus. Je voulais juste faire ta connaissance ! Même si je redoutais cette troisième césarienne. La douleur qu'elle allait provoquer, l'immobilisation pendant 24h, la difficulté de m'occuper de toi les premières heures... j'y pensais aussi.

Et puis tu es arrivé. Dans cette salle d'opération. Je t'ai déposé un baiser pendant qu'on recousait mon ventre. Ton papa t'a suivit pour les premiers soins et ce premier peau à peau. Je n'avais qu'une envie, c'était de vous rejoindre. De te serrer contre moi. L'attente est toujours interminable. Tu viens de naître et je suis déjà loin de toi. C'est pas juste. Mais c'est comme ça. Tu vas bien, c'est le principal. 

Et aujourd'hui tu as 3 ans. Quel petit phénomène tu es ! Tu m'en fais voir de toutes les couleurs mais tu as trouvé ta place au près de nous. Le petit coeur de Nathan, le complice de papa, l'ami de Maël, l'amour de Maman. Notre fils.

Ton arrivée a été une magnifique surprise !! Et je ne regrette rien ! Tu es le petit dernier d'une jolie fraterie ! Tu me fais beaucoup rire. Tes mimiques, ton sourire, ta façon d'évoluer et de répéter les mots que tu entends... font de toi quelqu'un d'extraordinaire. 

Le portrait craché de ton frère aîné... les cheveux blonds comme le blé, les traits fins et le sourire si facile.

Tu es dans la phase "terrible two" et ce... depuis que tu as eu 18 mois... ! J'en bave sec avec toi. Je suis souvent sur les nerfs, rongée par un stress de dingue. Mais je sais que tu n'es pas que ça. Tu es aussi ce petit gaçon plein de vie et de joie. De petits mots rigolos et de surprises. Tu es un soleil et une pluie battante de grelons. T'es un amour de petit mec. Mon tendre bébé qui arrive à me faire rire au moins une fois par jour. J'aime tellement te serrer dans mes bras, t'embrasser, te soulever dans les airs en te murmurant à quel point je t'aime. Mon blondinet. Mon emmerdeur. Mon amour. Mon bébé. Mon chat sauvage. 

Alors même si ton arrivée n'était pas prévue, tu resteras une magnifique surprise désirée et aimée. 

Je te souhaite un joyeux anniversaire mon bébé ! Je t'aime fort, pour la vie ! Que cette journée soit belle et aussi souriante que tu ne l'es au quotidien !

 

 

 

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