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Cher Père Noël.

Le 8 décembre 2016, 13:46 dans Maternité 0

 

 

Cher Petit Papa Noël, 

Cette année, je ne vois pas pourquoi je laisserais mes enfants t'écrire et pas moi.
Après tout, moi aussi j'ai le droit d'être chouchoutée par tes soins !
Je me laisse donc envelopper par la magie moi aussi et je t'écris.

Bon, tout d'abord mon grand, ce qui me ferait bien plaisir c'est que tu m'offres une ABDOMINOPLASTIE. Après avoir pondu 3 oeuf, je t'épargne les détails. Tout ce que je peux te promettre c'est de te faire cadeau de mes peaux afin que tu puisses en faire un poncho pour tes rênes. Tu vois je suis assez généreuse comme meuf. 

Plus important, je voudrais la paix dans le monde et que tous les enfants de la terre ne connaissent que l'amour et le bonheur. Je sais je t'en demande beaucoup. Mais normalement ça ne devrait pas être un souhait. Normalement, ça devrait déjà être le cas non ? Mais bon, t'es tout seul aussi. Tu peux faire rêver les gens... pas des miracles non plus. Mais merci d'y penser quand même.

J'espère que t'es toujours là Papa Noël car je te ferai des petits sablés si j'ai le temps sinon ce sera de la pâte à sel fabriquée avec tendresse par trois garçons remontés sur batterie Lithium. Avec du lait, si tu le souhaite. Je comprends pas. T'aimes vraiment le lait ? Parce que sinon on peut se faire un petit apéro tranquille entre deux cadeaux à mettre sous le sapin. N'hésite pas. J'irai chercher ce que tu préfères !

J'aimerais une nounou (pas vraiment jolie pour pas me refiler la dépression) mais que les enfants kifferont (du verbe kiffer sa race). Elle ne voudrait pas d'argent évidemment. Non. Aucun intérêt pour l'apect matériel. Du coup, en compensation, elle dormirait à la maison et elle me ferait des crèpes le dimanche matin et beaucoup d'autres choses. On la chouchoutera t'inquiète pas. Ce serait vraiment un chouette cadeau ça. Je te jure. Rien que de l'écrire, je vois des paillettes!

Je voudrais aussi que mes enfants soient très heureux et très sages (de temps en temps) et qu'ils me donnent moins envie de faire de la place dans le congélateur certains congés scolaires.

Je ne veux pas abuser de ta grande générosité mais est-il possible d'avoir une chevelure digne d'une pub pour Loréal ? Parce que si tu sais, fais le. Mes cheveux de poussins ne manqueront à personne. Mais bon si je commence avec le physique, j'ai peur de te faire une trop grande liste et de te demander une paire de seins qui lévitent. Pour remplacer les miens évidemment, pas pour jouer avec. On s'est compris. 

Sinon, fais comme d'habitude. Réunit les gens autour d'une table, recentre les gens qui s'aiment, continue à mettre de la magie dans les yeux de nos enfants mais aussi dans les nôtres. Continue cette belle parenthèse dans le temps, entre les bulles et le dessert. Entre l'amour et les rires. Continue Papa Noël, nous en avons encore besoin...!!!

L'avortement... banalisé et pourtant.

Le 1 décembre 2016, 10:25 dans Maternité 8

Je ne pensais jamais écrire sur le sujet. Je pensais que ça n'arrivait qu'aux autres. Aux adolescentes naïves, aux femmes mais les autres. Pas moi. Comme les cancers, on croit que ça n'arrive qu'aux autres. On pense que le malheur ne nous touchera pas. Et pourtant hier, j'avais les jambes sur les étriers. Le moral à terre. L'âme détruite en une seconde.

J'ai sûrement pris la bonne décision. Pour moi. Pour mes enfants. Pour mon avenir peut-être. Sûrement. Je le sais. Disons que je le savais. Aujourd'hui c'est trop frais, je le sais. Je ne suis pas capable de raisonner. De penser sereinement. La douleur est poignante. Un mal-être profond s'est installé en moi. Je suis éteinte.

J'ai pris cette décison comme si je montais sur la chaise électrique. Mais je l'ai quand même faite. 

J'espère que ce 30 novembre ne reviendra pas comme un boomerang acide tous les jours de ma vie. J'espère que je vais m'apaiser et reprendre le cours de ma vie. J'espère ne pas avoir les larmes aux yeux quand j'y pense. Comme si on pouvait tirer un trait à la latte. Hélas. Je ne peux pas. Je voudrais seulement qu'on efface cette journée de ma mémoire... pour toujours.

Je suis en colère contre moi-même mais aussi contre l'homme qui partage ma vie. Ma culpabilité je la rejette sur lui. Lui qui n'a pas voulu me soutenir car il était contre mon choix. Lui qui voulait absolument un enfant de plus alors que je gérais déjà seule ma tribu de trois garçons. Lui qui m'avait promis monts et merveilles quand j'étais enceinte de Kinder Surprise. Que du vent. Il a remis les mêmes arguments sur la table pour ce début de grossesse. J'ai vu rouge.

J'ai surtout vu ma patience s'envoler, ma carrière ne jamais exister. J'ai vu les histoires du soir, les devoirs, les bains, l'école, la lecture, l'apprentissage, le jeu... j'ai vu tout ça fait par moi. Pas par lui. J'ai vu sa nervosité. Son impatience. J'ai vu que j'étais seule à penser à tout. Pendant que lui se préoccupait de la poussière, de la vaisselle à faire, je faisais de la peinture avec nos enfants.

Putain, range ton balai de merde. Joue avec eux. Arrête de laver le sol et regarde tes mômes. C'est pas de ton détergent dont ils se souviendront. C'est de toi à leur côté. C'est ta présence, ton sourire, tes câlins. C'est ça qu'ils veulent. MERDE !

Je vais pas relire ce que je vous écris. Je te préviens déjà. Je balance tout comme ça. Tant pis. Pardon pour les fautes, pardon pour les redondances et la destructuration.

J'ai juste l'impression de faire semblant que tout va bien aller... 

Aller rechercher les enfants à l'école, faire les devoirs, le repas, leur donner un bain. Les regarder avec amour. Demander pardon au petit être qui n'a pas eu la chance de vivre. 

Ma maman n'arrête pas de me dire que je me torture. Que je suis maso. Mais j'ai décidé d'arrêter une vie... ça me bouffe. Je peux pas passer au dessus de ça. Ne venez plus me dire que ce n'était rien. Qu'une cellule. Quelque chose sans émotions et pas encore vraiment définit. Pour moi c'était mon bébé... déjà. 

Ce n'est qu'un mauvais moment à passer... vraiment ?

Le 29 novembre 2016, 10:32 dans Maternité 7

 

 

 

Parfois il faut faire des choix. Prendre une décision. Parfois ça se passe bien. Parfois ça fait tellement mal au bide, qu'on en chiale. On cogite sans cesse. On dresse une liste mais ça ne marche pas quand même. Pourtant dans la colonne des contre, c'est full. Plus de place même. Mais ça ne change rien.


On pense, on réfléchit. On trouve qu'on est bien comme ça. Enfin je trouve. Je soufflais un peu... enfin. Le petit dernier est rentré à l'école. C'est bon merde, j'ai donné tu trouves pas ? Mais apparement pas encore assez. Mais ça ne tenait qu'à moi que ça s'arrête ce jeudi. Il suffisait de mettre ce médicament dans le fond de mon vagin et revenir plus tard pour en finir. Mais justement... en finir. J'ai de nouveau mal au bide. Pour eux c'est une cellule. Pour moi c'est une vie. C'est toute la différence.

"Faut pas voir ça comme ça."

Ben comment veux-tu que je fasse autrement. Ignorer que c'est vivant ? T'es sérieuse ? 

J'ai mal aux seins. J'ai la gerbe. Je pleure. Tu vois, c'est vivant et ça me parle déjà. Il a déjà fait sa place. C'est comme ça.

 On m'a dit de penser à moi. Je le sais. J'y pense tous les jours. Par facilité, par raison, j'aurais dû franchir cette porte à 11H du mat. Mais au lieu de ça j'ai encore pleuré comme un enfant dans les bras de ma mère. Je ne pouvais pas y aller. Pas maintenant. Alors on a reporté le rendez-vous. J'étais soulagée. Comme si on m'enlevait l'enclume qui me pesait sur l'âme.

Tout le monde pense que je devrais poursuivre ma vie comme ça. Que ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Aller chez le dentiste est un mauvais moment à passer. Se faire épiler la techat est un mauvais moment à passer... avorter c'est tellement plus que ça. Je n'y arrive pas.

Je sais que l'on va me critiquer. Parler derrière mon dos. Dire que je suis folle et que je vais m'épuiser. Peut-être même penser que je ne serai pas une bonne mère pour gérer 4 enfants. On va dire que je gâche ma vie. Peut-être. J'ai peur moi aussi.

J'ai une boule au creu de mon ventre. J'ai la gorge serrée. Une angoisse qui me grignote de l'intérieur. J'ai la trouille de ne pas y arriver. D'être sur les nerfs, d'être juste une mère. De me perdre. J'ai peur de pas donner assez à chacun de mes enfants. J'ai peur, je l'avoue. Peur du regard des autres. Du jugement. Peur de cette 4ème césarienne qui me fera un mal de chien. Peur de tomber et ne pas me relever. J'ai peur d'être épuisée par une 4ème grossesse tout en gérant 3 garçons. 

Je vis entre parenthèse. Dans une bulle de questions qui me font tourner la tête de fatigue. 

Mais je suis enceinte. C'est réel. C'est la vie. C'est comme ça. J'assume !!

 

Laissez-moi juste le temps de m'apaiser... ça va aller :-)

 

 Et puis Papa Ours a été hospitalisé pour ses problèmes cardiaques... encore une fois. Encore des jours à gérer seule la tribu. Mais vraiment seule. Être à bout. Fatiguée. Irritable. Exténue. Crier sur ses enfants. Vouloir tout plaquer et disparaître. Me sentir tellement mauvaise mère. Dépassée. Vidée. J'ai compris. Je ne peux pas assumer une 4ème grossesse. Pour moi, pour mes enfants. Je ne peux pas. 

 

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